Portrait de Ségolène Royal dans le New York Times Traduction de l'article du journaliste James Traub, le 14 mai 2006, pour le New York Times. Il y a une raison pour laquelle les dirigeants du parti socialiste en France sont appelés les « éléphants » : ils vivent pour l’éternité. En France,la politique est une vraie profession,et une fois que l’on y est,on y reste. Ainsi parmi les présidentiables, on retrouve Laurent Fabius, qui fut premier ministre il y a 22 ans, et Lionel Jospin ,qui fut le leader du parti socialiste il y a un quart de siècle et qui connut une sévère défaite pour lui-même et son parti aux dernières élections (ce qui aurait pu laisser penser que prudence aurait été de prendre une retraite politique). Personne ne songerait à appeler Ségolène Royal un éléphant. D’abord parce que cela serait inconvenant pour une femme, de surcroit une femme dont le sourire ressemble à celui d’Audrey Hepburn. Ségolène Royal est de façon remarquable la première femme susceptible d’être président de la république française dans l’histoire du pays. Mais ce qui est le plus frappant dans cette candidature, qui jusqu’à présent consiste en une séduction médiatique, n’est pas le fait que ce soit une femme mais plutôt qu’elle se positionne en tant que non-éléphant et même anti-éléphant.Elle se positionne contre la culture politique de la France,c’est à dire contre l’isolement et l’abstraction, le retranchement idéologique et la domination masculine. Et cette culture, incarnée par son propre parti, n’apprécie pas, pensant qu’elle est transportée par un éphémère engouement à son égard.
Je lui ai rendu visite au printemps, à Poitiers, siège de son gouvernement pour la région Poitou-charente. La France était au cœur d’une période difficile, une reproduction de la révolution, ou tout au moins de la Commune, avec des étudiants et des syndicalistes dans les rues qui protestaient contre une loi (le CPE)permettant d’embaucher ou de licencier des employés à leur gré. Mais Ségolène Royal ne s’est pas beaucoup interessé au sujet, elle s’est plutôt distinguée en s’interessant à des sujets tels que l’éducation, les écoles, la culture populaire, sujets qui préoccupent plus les politiciens américains mais moins les politiciens français,entre autres les éléphants les plus anciens. "Des sujets de second ordre" dit-elle sarcastiquement, alors que pour les gens, ce sont des sujets de premier ordre.
Les sondages, au grand damn de Laurent Fabius et Lionel Jospin, ainsi que bien d’autres membres du parti, montrent que Ségolène Royal est la personnalité politique la plus populaire de l’opposition et même du pays. C’est la vedette des journaux (elle a fait la couverture de 4 d’entre eux la 1ere semaine d’avril), de la Télévision. Elle est la première personnalité politique en France que tout le monde appelle par son prénom. Et sa popularité s’accroit au fur et à mesure que l’image des autres politiciens s’écroule. "La classe politique devient étrangère aux yeux des gens." dit un critique politique. Quand vous votez pour une femme, cela veut dire "je veux me débarrasser de vous" car le système est entièrement masculin.
La politique en France est un sacerdoce. Les français ont une vision de l’Etat très révérencieuse. L’éducation nationale met un point d’honneur au mérite, les meilleurs étudiants allant dans de prestigieuses institutions à Paris, telles que sciences po ou l’ENA. Presque tous les politiciens ayant eu un poste important ont été à sciences po ou l’ENA. Ségolène Royal est une des rares initiées qui a su se faufiler partout sans donner l’impression pour autant d’appartenir à un clan. Elle a du se battre pour s’imposer.
Ségolène Royal est née au Sénégal,encore une colonie à l’époque, d’un père et grand-père officiers militaires. Son père, Jacques, tête rasée et monocle, était un conservateur impitoyable en matière de discipline. La vie pour les 8 enfants d’abord au Sénégal puis en Lorraine, était triste et dure, selon Ségolène Royal. Beaucoup de choses étaient interdites. Ses frères étaient battus pour rien ; ses sœurs et elle avaient l’avantage d’être ignorées, car considérées comme des êtres inférieurs par son père (selon ses propres mots). L’histoire de cet homme monstrueux a impregné la vie de Ségolène Royal comme un conte de Grimm, mais a renforcé son caractère.
Durant un entretien que j’ai eu avec elle, je fus frappé par ses manières directes, son charme naturel, et son économie verbale : pas de fioritures comme ses comparses, sourire aux lèvres, tailleur impeccable. Ségolène Royal , 52 ans, raconte que comme bon nombre d’enfants malheureux,elle fut sauvée par l’école. Ses professeurs l’ont encouragé à étudier. Sa mère venait d’un milieu bourgeois et lisait des livres et journaux. Mais les filles n’étaient pas destinées à poursuivre leurs études, mais plutôt à se marier. Ségolène Royal n’a pas seulement échappé à son père, elle s’est en plus mis en opposition contre lui. Ce sombre conte de fée est central dans ses récits et est à l’origine de sa personnalité. Son père a abandonné sa famille. Mais Ségolène Royal, en dépit de son rejet envers son père contre son machisme et ses idées reac, a hérité de sa rigueur et de sa détermination. "De façon très militaire" selon ses propres mots.
Comme Bill Clinton, Royal est championne en merite éducationnel. Elle n ‘avait jamais entendu parler de grandes écoles avant que l’une de ses sœurs ne mentionne une prepa science po,et elle signa. Et la petite provinciale arriva à Paris, bien décidée à réussir. Elle intégra l’ENA en 1978. Là,elle rencontra son futur conjoint ,François Hollande. Les deux furent recrutés pour travailler à la campagne présidentielle de François Mitterrand. Quand ce dernier fut nommé president (le premier président socialiste depuis 30 ans) François Hollande et Ségolène Royal furent établis dans leur fonction à l’Elysée comme aides politiques. Mitterrand devint por Ségolène Royal son mentor, son modèle. Elle appris de lui comment gouverner, comment la politique prend le pas sur la technocracie. Et que la politique est une affaire de volonté. Elle s’identifiait à lui, qui venait aussi d’une famille pas très riche, provinciale, mais il avait grimpé les echelons de la société et restait toujours très populaire. Elle aussi était une provinciale avide de réussir en balayant les obstacles de son chemin,comme l’avait fait François Mitterrand.
Alors que le premier mandat de François Mitterrand touchait à sa fin, elle avertit les membres du parti qu’elle comptait se présenter à l’assemblée nationale, malgré le fait qu’elle et François Hollande, sans être mariés, avaient déjà 3 enfants. On lui donna alors un district conservateur et non prometteur en Poitou Charentes. Comme elle le raconte, elle laissa ses enfants chez sa belle–mère, prit le train pour enregistrer sa candidature,et commença dans une région ou elle ne connaissait personne. Et elle gagna. Cinq ans plus tard, quand quand la France bascula à droite et que les socialistes connurent une grande défaite, Ségolène Royal augmenta sa majorité. Elle fut nommée ministre de l’environnement en 1992, et quand le président de droite Jacques Chirac fut obligé de partager le pouvoir avec les socialistes en 1997, elle fut ministre de l’éducation puis de la famille et de l’enfance.
Ce furent des fonctions «de femmes» mais elle connaissait mieux le sujet que quiconque. Au moment ou Bill Clinton prônait l’uniforme à l’école et les verrous électroniques, Ségolène Royal instituait des réformes simples et concrètes, comme la necessité d’envoyer deux bulletins scolaires séparés pour les couples divorcés,de manière à s’assurer que les pères comme les mères soient impliqués dans l’éducation de leurs enfants. Elle critiqua la culture populaire, encouragea le congé maternel mais aussi paternel, et mena campagne pour punir plus sévèrement la pédophilie. Contrairement à d’autres membres de son parti,elle parla non seulement de droits mais aussi de responsabilités des parents,des enseignants,des travailleurs. Elle a écrit des livres,comme tout politicien ambitieux se doit de faire, mais sur des sujets féminins plus légers,tels que "le printemps des grand parents" ou "les bébés…" et un mémoire "une vérité de femme" dans lequel elle nous révèle les récits de son enfance.
Les croisades de Royal ont certainement fait baissé sa cote de popularité chez ses pairs. Sa personnalité ne plait pas à tous. C’est une femme de gauche aux valeurs traditionnalistes, une cosmopolite chic emplie de respect pour la tradition et l’ordre. Elle eut trois enfants sans être mariée. Elle fut photographiée avec l’un de ses enfants, entourée de travail et de maternité. Sa féminité ne l’a jamais trahi. Beaucoup de femmes françaises se reconnaissent en elle. Un editeur disait d’elle lors d’un déjeuner qu’il partagea : "elle discute politique,et son portable sonne,c’est sa fille,et elle discute avec elle comme une vraie maman" , elle gère tout cela en même temps.
En 1997,quand Lionel Jospin et un autre fidèle étaient dans l’impasse dans la lutte pour prendre la tête du parti, et donc de devenir peut-être premier ministre, Ségolène Royal, alors une simple député de base, envisagea la possibilité de les défier tous les deux. François Hollande la persuada d’attendre, mais Lionel Jospin, qui devint premier ministre, n’oublia pas cette impertinence. Un journaliste du Monde dit qu’elle demandait aux fonctionnaires du parti pourquoi ils ne l’envoyaient pas elle en campagne électorale. "Parce que Jospin ne te supporte pas" lui disait-on. Mais Ségolène Royal ne se laissa pas abattre.
En 2004, elle devint présidente de la région Poitou-Charentes, région alors dirigée par l’ancien premier ministre de Chirac, Jean Pierre Raffarin. Contre toute attente,elle remporta ces élections. Mais tout cela ne suffisait pas à se mettre en campagne présidentielle, aux yeux des membres de son parti. Déjà que c’était une femme…. Ce qui est certain est que son mari, leader du parti, lui a ouvert la voie. Elle a déclaré ses intentions de se présenter en septembre dernier,dans une interview à Paris Match,un affront pour le sérieux du parti socialiste. Pire encore, l’article montrait de charmantes photos de Ségolène Royal avec sa plus jeune fille. Les dirigeants du parti étaient alors en meeting en Bourgogne, à Nevers, quand l’article fut publié. Son attitude désinvolte rendit les éléphants furieux. Fabius déclara "mais qui va garder les enfants ?", mauvaise blague destinée à Ségolène Royal et François Hollande. La sonnette d’alarme retentit : "la présidence n’est pas un concours de beauté" dirent certains.
Mais la stratégie de Ségolène Royal consiste à penser que les français en ont marre d’une culture d’ avant-garde, de discours étroits et stériles. Elle a agit avec une insouciance calculée. Au printemps dernier,elle a raté une cérémonie commémorative en l’honneur de François Mitterrand pour s’envoler vers le Chili, et mener campagne aux cotés de Michelle Bachelet, une socialiste qui aspirait à devenir la première femme présidente du pays. Ségolène Royal fut victime de moqueries de la part de la presse -ses talons hauts,ses tailleurs- jusqu’à ce que Bachelet gagne,et soudain Ségolène Royal devint la représentante future du parti socialiste féminin, ses collègues étant encore enfermés dans le passé mitterrandien. La légende Royal a vite grandi. Comme Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, leader de l’UMP, et candidat aux prochaines élections.
"Je me sentirai libre de dire ce que je veux, quoiqu’il advienne" annonça-t-elle à un reporter. Comme le premier ministre actuel, Dominique De Villepin, elle arbore un sens du destin : "je suis prête". Et contrairement aux autres, elle est à l’écoute. Sur son site web "désirs d’avenir", elle invite les visiteurs à exprimer leur point de vue, et non se mettre systématiquement de son côté. Quand on lui demande si le succès qu’elle connaît a ébranlé la gauche, elle répond "c’est de pire en pire,car ils ont peur. Ils ont tellement donné de leur personne pendant des années qu’ils pensent que ma popularité est une imposture,est éphémère, non garantie, non méritée, dangereuse, comme si l’opinion générale de la démocracie ne comptait pas !".
C’est la démocratie de l’opinion que Ségolène Royal offre aux français. Elle en parle dans le livre qu’elle a commencé à écrire. Elle ne s’interesse pas tant à la place de la France dans le monde, mais plutôt des relations des votants et des politiciens, disant que le nombre décroissant de votants et la popularité inquiétante de l’extrême droite mais aussi le non à la constitution européenne sont les symptomes d’un mécontentement national et d’un dégoût de la culture politique dominante. Ce sont des votes, ou non votes, de protestation de citoyens pessimistes sur leur avenir, que la France est à la dérive. Elle pense, tout comme les démocrates centristes que la nostalgie des valeurs traditionnelles prônée par les votants du FN est moins du fascisme qu’un rejet d’une certaine politique. La réponse, pense-t-elle, est un nouveau genre de politique, respectueux de l’opinion publique, modeste dans ses demandes, transparente, et surtout concrète plutôt qu’abstraite. Son livre,qui sortira en septembre,quand les socialistes établiront une liste officielle de leurs candidats, ne réduira sans doute pas le fossé entre Ségolène Royal et les siens.
A la mi-mars,la "ségomania" a été temporairement remplacée par la fureur nationale concernant le CPE, mot incarnant la précarité et l’insécurité. Les français considèrent que l’Etat a un devoir fondamental concernant la protection de l’emploi. Mais le taux de chômage en France, en dessous des 8% pendant des années atteint dorénavant environ 10%, et ce souvent attribué à la réticence des entreprises d’embaucher de nouveaux salariés par peur d’être déçues et ensuite de devoir trop débourser pour licencier un travailleur. Il est très diificile pour les jeunes ,même ceux qui ont un diplôme universitaire,de s’imposer sur le marché du travail. Le taux de chômage chez les jeunes est de 22%. Ce fut le parti de l’UMP qui a ouvert la boite de Pandore de l’insécurité. Après les émeutes des banlieues durant l’automne dernier, Dominique De Villepin a instauré le CPE(Contrat Première Embauche) dans l’espoir de développer les opportunités d’emploi pour les jeunes. Les travailleurs de moins de 26 ans pour leur premier emploi à temps plein auraient une période d’essai de 2 ans durant laquelle l’employeur aurait le droit de les licencier sans passer par un processus judiciaire auquel ont recours les employés. Ce projet de loi, aux yeux des jeunes, est apparu plus comme une punition qu’une opportunité de travail. De plus,cette mesure controversée n’avait pas fait l’objet de concertation. Et lorsque les syndicats et étudiants sont descendus dans la rue, les socialistes ont appelé le gouvernement en place à retirer cette loi ce que le président Chirac a accepté de faire, aussi humiliant que ce soit pour Dominique De Villepin. La révolution est la seule forme d’activité politique en France qui soit légitime. Tout devient sous forme de l’insurrection. Les français parlent encore de "patrons" synonymes de suceurs de sang. La destinée historique de la gauche est d’utiliser le pouvoir de l’Etat pour protéger les gens des ravages de l’économie de marché. Un journal ,Marianne, disait "les français ont l’air arrogants et se méfient de l’omnipotence du libéralisme. Mais la France n’est pas une exception, elle est plutôt avant-gardiste. Dans un an, vous verrez certainement des mouvements anti-libéraux à travers l’Europe. Mais cette impression de supériorité morale a perdu de sa force car le PIB de la France est inférieur à celui de l’Irlande ou de l’Angleterre. Le journal "le monde", de centre gauche, a De Villepin pour ses manières mais a reconnu le besoin de réformer le marché du travail. Comme le disait un professeur de science po : "il n’existe pas de tradition libérale ni à gauche ni à droite. Il n’y a même pas de place pour un parti social-libéral, car cela viendrait à accepter la flexibilité de l’économie de marché. Cela impliquerait que l’Etat n’est pas le seul garant de l’intérêt public, ce qui est inhérent à la culture française. C’est l’Etat qui garantit les intérêts collectifs. Le reste n’est qu’individualisme égoiste. Cet esprit anti-marché, anti-globaliste résonne chez les gens, car ils ont peur.
Le parti socialiste, peut-être sagement, a semé la colère publique sur le CPE, sans offrir d’alternative. En tant que chef du parti socialiste,Hollande a attaqué De Villepin ,mais Ségolène Royal s’est tue. Début février,alors que le débat sur le CPE battait son plein, elle a déclaré "je pense que Tony Blair a été caricaturé en France. Cela ne m’ennuie pas de dire que j’adhère à certaines de ses idées". Elle a même vanté sa politique de promotion de l’emploi chez les jeunes en instaurant une plus grande flexibilité. C’était un sacrilège : la flexibilité est le mot clef des employeurs français, et donc l’opposé de la précarité. Ségolène Royal, pour sa défense, a expliqué qu’elle avait utilisé le mot "souplesse" et qu’elle était contre la flexibilité. Laurent Fabius l’a fortement critiqué devant une foule de 1200 supporters en insinuant que le parti ne pouvait pas se mettre dans une position ambiguë politiquement.
Ségolène Royal a reçu le journaliste du NY Times dans son bureau. Contrairement aux autres politiciens qui aiment la proximité , elle a tenu une certaine distance derrière son grand bureau. "Le problème est que tout le monde n’est pas sujet à l’insécurité. Voyez-vous des businessmen se faire renvoyer pour incompétence ? Les jeunes voient les politiques , qui ont eux aussi un travail stable et sûr, donner des leçons aux autres sur l’insécurité alors qu’ils ont la sécurité de l’emploi. Par conséquent,le jeune diplômé dira "au nom de qui vais-je signer un contrat qui n’est pas sûr ?".
Puis la conversation a pris un tournant bizarre. Ségolène Royal m’a demandé "êtes-vous dans une situation incertaine ?" .En fait, le journaliste lui a dit que oui, et Ségolène Royal de lui répondre "oui,mais combien d’années dure votre contrat ?" et le journaliste "j’en signe un tous les ans" et Ségolène Royal, incrédule "vous pouvez être licencié chaque année ?" . Ségolène Royal voyait la précarité comme un mal socio-économique plus que comme le prix à payer pour être libre. En France, pour la gauche, le libéralisme et la globalisation ont le statut de fait, inférieur à celui de droit." L'économie globale ne devrait pas être supportée par des salariés. Ils doivent pouvoir construire un futur, comme n’importe quel être humain" dit-elle. Ségolène Royal n’est en fait pas opposée à l’économie de marché, elle prône le modèle danois appelé "flex-sécurité" ,d ans lequel l’Etat garantit à vie des formations, du travail, une assurance chômage, pour que les travailleurs puissent changer facilement de travail.
Ses supporters pensent qu’elle s’éloigne du dogme du parti. Daniel Cohn-Bendit admet que la politique française est coincée. Ce leader des verts, et rebelle pendant mai 68, a choqué ses compatriotes ,vieux et jeunes, en disant qu’il était libéral. Il pense que Ségolène Royal est prête à prendre des risques, de plus, penser à une présidente qui a 4 enfants sans être mariée, c’est en soi une révolution ! Assis à côté de Ségolène Royal en voiture après un diner annuel d’un club de sports, le journaliste lui stipula qu’ils n’avaient pas parlé de sujets majeurs qui la concerneraient si elle devenait présidente. Et le terrorisme ?Et l’Irak ? et Ségolène Royal de répondre 'demanderiez-vous ça à un homme ? ", "bien sûr", "si vous interviewiez Laurent Fabius , jamais vous ne lui demanderiez de vous donner votre vision du monde en 15 minutes". Le journaliste lui dit qu’en tant que potentielle présidente, elle devait avoir une vision de tout ceci, et son sourire disparut puis elle dit que Nicolas Sarkozy ou Fabius n’ont jamais dit leur vision du monde. La réaction de Ségolène Royal lui parut exagérée, se posant en victime, malgré son succès évident. Cela fait aussi parti de la légende.
Deux semaines après cette conversation, les guignols de l’info, une emission TV populaire, qui satirise les politiciens français, firent un sketch avec la marionnette de Ségolène Royal. Un interviewer demande "êtes-vous vraiment une candidate socialiste ? " et Ségolène Royal , sourire constant "vous ne poseriez jamais cette question à un homme".Au déjeuner,le serveur suggère "une excellente sole" et Ségolène Royal de dire "vous ne recommandez que du poisson car je suis une femme,et vous pensez que je dois faire attention à ce que je mange" et elle revient chez elle, se plaignant de tous les obstacles qu’elle a à franchir en tant que femme politicienne. Et son compagnon de dire "Ségolène..." et elle de répondre "m’appellerais-tu Ségolène si j’étais un homme ?".
Elle n’a jamais parlé de ses vues planétaires. Les français attendent d’un président qu’il s’impose lors des meetings, et cette faiblesse sera exploitée sans pitié par ses rivaux dans son parti,et par l’UMP. A-t-elle sérieusement songé aux affaires internationales, à l’intégration européenne, ou aux questions d’intégration et d’immigration qui préoccupent la France et l’Europe ? Elle est encore en train d’écouter les votants qui sont "cultivés,raffinés,politiques" .Ses conseillers disent qu’elle ne prendra pas de réelle position avant juin, quand la tribune du parti sera publiée. En attendant, elle reste vague sur certains sujets,parlant d’ordre et d’égalité. C'est un peu abstrait pour quelqu’un qui se dit avoir des idées concrètes.
Les français veulent peut-être une nouvelle approche, une nouvelle façon de faire de la politique, comme elle le dit sur son site. Et ses talents politiques existent bien. Au diner du club de sports, elle a distribué toutes les récompenses, a discuté avec tous les joueurs de volleyball, et est restée jusqu’à la fin, elle a montré son sourire à tout le monde. Après ce diner, le journaliste lui a fait remarqué que son style politique était très américain. Cette remarque était un compliment. Elle n’est pas admirative de la politique américaine, mais va rencontrer Hillary Clinton en juin. Les deux femmes se sont déjà rencontrées en 1998. Toutes deux sont inflexibles,et des icônes culturelles connues par leur simple prénom. Elle inspirent la loyauté,et la méfiance. Et toutes deux veulent la présidence. Peut-être que dans quelques années,seront-elles toutes les deux au sommet du G8…à rire des vieux garçons… |
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