La tribune des reporters-militants
 

Pourquoi je donne ma voix à Ségolène Royal

Je suis citoyen français depuis cinquante ans, ce qui corresponds à mon âge.
De part mon éducation et la culture qui en découle, j’aime avant tout jouer.
Je joue avec l’espace, à la lumière du jour et de la nuit, toujours avec ce souhait d’arriver à communiquer à mes semblables, mon intime conviction d’être là pour rêver.
Que chaque jour est nouveau dans la mesure où l’on considère tous les actes de la vie comme essentiels.
Dans ce sens je tente d’éviter au possible, une société qui a pour but ultime, de gagner du temps et dont la conséquence serait de me déposséder de mon autonomie en marchandisant chaque acte de la vie.
Ainsi, nous parlons toujours pour le profit et non pas pour le bonheur de voyager au-delà du réel, afin de soulager la peur de notre mort.
Perdons-nous du temps à nous abandonner, nous dissoudre dans le voyage intérieur, ce qui en définitif revient à l’acceptation de notre solitude à nous par l’écoute du silence, maître de tous les sons ?
Aurions-nous des yeux uniquement pour visualiser la valeur marchande d’un objet ou pour prolonger nos rêves nocturnes les plus passionnants ?
Pourquoi ne pas considérer l’aspect onirique de notre existence, comme un espace que nous modifions en permanence en fonction du réel.
Cela s’appelle la liberté d’esprit, élément fondamental à la compréhension de l’autre mais aussi formidable cadre d’évasion ludique.
J’ai historiquement connu deux extases sociétales.La première en mai 68, qui m’a sauvé d’une éducation scolaire ennuyeuse et humiliante, et la deuxième, pour être bref, en 81 pour la victoire de la Gauche à l’élection présidentielle.
Je dois dire qu’avant ce changement politique profond, la Droite conduisait le pays avec beaucoup moins de gêne dans son agressivité et son arrogance qu’aujourd’hui.
Le citoyen d’autrefois est devenu conso-mateur à temps plein, et il exige maintenant une constante qualitative et quantitative car dans le fond il lui est de plus en plus difficile par un phénomène d’accoutumance, de rompre avec ses habitudes.
J’ai beaucoup d’estime pour ceux qui se battent sincèrement pour les autres et en politique j’avoue avoir un faible pour Olivier et José malgré leur discrétion sur leur sexualité.
Nicolas H. lui, m’ a fait rêver à un monde meilleur pendant quelques semaines mais hélas ce gars là à une sainte horreur des disputes.
Corinne et Dominique sont pas très sympa, je leur donne toute mon estime et ma gratitude pour leur travail de sensibilisation à l’écologie mais je n’ai jamais supporter ceux qui pensaient pour les autres ou qui n’aimaient pas Jimmy Hendrix.
Les Cocos acros quand à eux, je les trouve tout simplement pathétiques. L’Europe collectiviste a bel et bien disparue en détruisant au passage les outils nationaux.
On ne peut pas éliminer son ennemi en se soumettant autant à ses lois.
Reste Ségolène, sœur Ségolène, a qui l’on donnerait son cœur por une amitié sincère et joyeuse.
Où se cache le vautour qui attend patiemment sa proie ?
Malgré tout, ma conviction intime c’est de choisir consciemment de participer à l’arrivée au pouvoir français d’une femme, socialiste plutôt énergique et joyeuse, dont l’attitude va plutôt dans un sens favorable à l’apaisement national.
Si le pays doit être dirigé par une reine, alors je souhaiterai que le R du blason soit vert.
Quitte à choisir un R, autant qu’il sente bon.

Laurent Chapuis

Le 8/3/2007